Table des matières
- Une citerne souvent imposée par la commune
- À quoi sert l’eau de pluie récupérée ?
- Comment fonctionne un système de récupération ?
- Citerne enterrée ou hors-sol ?
- Réseau séparé et conformité CertIBEau
- Entretien et bonnes pratiques
- Quelles économies attendre ?
- Installer un récupérateur, étape par étape
- Questions fréquentes
Entre des étés de plus en plus secs et des pluies parfois intenses, l’eau de pluie est une ressource qu’il serait dommage de laisser filer vers l’égout. La récupérer permet de réduire sa facture d’eau, de soulager le réseau lors des orages et d’arroser son jardin même en période de restriction. En Wallonie, la citerne est d’ailleurs souvent imposée à la construction. Encore faut-il bien concevoir son installation et en faire un usage adapté. Voici comment.
Une installation de récupération collecte l’eau de la toiture, la filtre et la stocke dans une citerne. Une pompe la distribue ensuite vers un réseau séparé de l’eau potable.
Une citerne souvent imposée par la commune
En Wallonie, il est devenu courant que les administrations communales imposent le placement d’une citerne de récupération d’eau de pluie lors d’une demande de permis d’urbanisme. Le règlement communal fixe alors la capacité, souvent située entre 3.000 et 5.000 litres selon les communes, sans pour autant imposer l’usage de cette eau. C’est là que réside le paradoxe : beaucoup de citernes sont installées puis sous-exploitées. Une fois l’investissement réalisé, autant en tirer tout le bénéfice.
Au-delà du minimum communal, le bon volume dépend de la surface de toiture raccordée et des usages prévus. Une citerne bien dimensionnée se remplit régulièrement sans déborder en permanence, ce qui maximise la part d’eau réellement valorisée plutôt que rejetée au trop-plein.
À quoi sert l’eau de pluie récupérée ?
L’eau de pluie convient parfaitement à de nombreux usages domestiques qui ne nécessitent pas une eau potable. Elle permet des économies immédiates en remplaçant l’eau de distribution là où c’est possible, tout en réduisant la pression sur le réseau public.
Les usages adaptés et ceux à éviter
Les usages les plus évidents sont l’arrosage du jardin, le nettoyage des extérieurs et le lavage des voitures. À l’intérieur, l’alimentation des chasses de toilettes est l’un des postes les plus rentables, tout comme le lave-linge, à condition d’une bonne filtration. En revanche, l’eau de pluie n’est pas destinée à la consommation, à la cuisine ou à l’hygiène corporelle : la rendre potable suppose un traitement poussé et un suivi que l’on ne recommande pas à un particulier.
Comment fonctionne un système de récupération ?
Le principe est simple, mais chaque étape compte. L’eau ruisselle de la toiture vers les gouttières, passe par un premier filtre qui retire feuilles et débris, puis est stockée dans la citerne, enterrée ou en surface. Une pompe ou un surpresseur la distribue ensuite vers les points d’usage, via un réseau strictement séparé de l’eau potable. Un trop-plein évacue l’excédent vers l’infiltration dans le terrain ou vers l’égout, selon la configuration. La qualité du captage et de la filtration conditionne la longévité de l’installation et la propreté de l’eau stockée.
Citerne enterrée ou hors-sol ?
Deux grandes familles de citernes coexistent. La citerne enterrée, en béton ou en polyéthylène, offre de grands volumes, protège l’eau de la lumière et du gel et n’encombre pas le jardin. C’est la solution la plus courante lorsqu’une citerne est imposée à la construction neuve, même si son installation suppose une excavation et un terrassement.
La citerne hors-sol, ou récupérateur aérien, est plus simple et moins coûteuse à mettre en place, mais sa capacité est plus limitée et elle reste sensible au gel comme au développement d’algues si elle est exposée à la lumière. Elle convient bien à un arrosage d’appoint ou en complément. Le choix se fait selon le volume visé, le budget et la place disponible.
Réseau séparé et conformité CertIBEau
Point de sécurité essentiel : le réseau d’eau de pluie ne doit jamais être connecté au réseau d’eau potable, pour éviter tout risque de contamination croisée. En Wallonie, la conformité des installations intérieures d’eau est vérifiée par le CertIBEau, le certificat de contrôle des installations, obligatoire pour les nouvelles constructions et certaines rénovations. Bien concevoir la séparation des réseaux dès le départ évite des corrections coûteuses. Notre article dédié au certificat CertIBEau détaille cette obligation.
En Wallonie, ce contrôle relève de la Société publique de gestion de l’eau, qui organise le CertIBEau. Se renseigner en amont auprès d’elle ou de sa commune évite les mauvaises surprises au moment de la réception de l’installation.
Entretien et bonnes pratiques
Une installation de récupération demande un entretien léger mais régulier. Il faut nettoyer périodiquement les filtres et les gouttières, vérifier la pompe et, de temps à autre, contrôler l’état de la citerne et de l’eau stockée. Un système bien entretenu fournit une eau claire et sans odeur pendant des années. Négliger l’entretien, à l’inverse, se traduit vite par des filtres colmatés et une eau de moindre qualité.
| Usage | Eau de pluie adaptée ? | Précaution |
|---|---|---|
| Arrosage du jardin | Oui | Aucune particulière |
| Chasse des toilettes | Oui | Réseau séparé et signalé |
| Nettoyage extérieur, voiture | Oui | Filtration de base |
| Lave-linge | Possible | Filtration soignée |
| Boisson, cuisine, hygiène | Non | Traitement déconseillé pour un particulier |
Quelles économies attendre ?
L’intérêt économique dépend directement des usages raccordés. Dans un ménage, une part importante de l’eau consommée sert à des usages qui ne réclament pas d’eau potable : chasses de toilettes, lave-linge, entretien et arrosage. En raccordant ces postes à la citerne, on couvre une fraction substantielle de sa consommation d’eau de distribution, et l’on allège d’autant la facture, surtout dans les régions où le prix de l’eau est élevé.
L’ampleur du gain dépend de la surface de toiture, de la pluviométrie et de la taille de la citerne. Le retour sur investissement est d’autant plus rapide que la citerne était de toute façon imposée à la construction : dans ce cas, seul le raccordement des usages représente un surcoût, généralement vite amorti par les économies d’eau réalisées année après année.
Installer un récupérateur, étape par étape
Que la citerne soit imposée ou volontaire, une installation bien pensée se réalise dans l’ordre.
- Étape 1 — Vérifier les obligations du règlement communal, notamment la capacité de citerne imposée.
- Étape 2 — Dimensionner la citerne selon la surface de toiture et les usages envisagés.
- Étape 3 — Prévoir un réseau d’eau de pluie strictement séparé du réseau d’eau potable.
- Étape 4 — Installer une filtration adaptée aux usages, plus poussée pour le lave-linge.
- Étape 5 — Raccorder les usages pertinents : arrosage, toilettes, nettoyage extérieur.
- Étape 6 — Prévoir l’entretien régulier des filtres, gouttières et pompe, et la conformité CertIBEau.
Au-delà de l’économie sur la facture, récupérer l’eau de pluie s’inscrit dans une gestion plus durable de la ressource. En réutilisant l’eau qui tombe sur son toit, on limite le prélèvement sur le réseau public et l’on retarde le rejet vers les égouts lors des fortes pluies, ce qui soulage les réseaux et réduit le risque de saturation. Dans un contexte d’étés plus secs et d’épisodes orageux plus intenses, cette double fonction, réserve pour les périodes de manque et tampon lors des excès, prend tout son sens. Bien conçue et entretenue, une installation de récupération est un investissement modeste qui rend service pendant des décennies, tout en offrant un peu d’autonomie face aux restrictions d’eau.
Questions fréquentes
Elle est fréquemment imposée par les communes lors d’une demande de permis d’urbanisme. La capacité, souvent de 3.000 à 5.000 litres, dépend du règlement communal.
Non, ce n’est pas recommandé. L’eau de pluie convient à l’arrosage, aux toilettes, au nettoyage et au lave-linge, mais pas à la consommation sans traitement poussé.
Jamais. Les deux réseaux doivent être strictement séparés pour éviter toute contamination. Le CertIBEau vérifie cette conformité.
L’alimentation des chasses de toilettes et le lave-linge, gros consommateurs, offrent les économies les plus intéressantes, en plus de l’arrosage du jardin.
Un nettoyage régulier des filtres et des gouttières, une vérification de la pompe et un contrôle périodique de la citerne suffisent à garantir une eau de qualité.
L’essentiel à savoir :
- En Wallonie, la citerne de récupération est souvent imposée par la commune (souvent 3.000 à 5.000 litres).
- L’eau de pluie convient à l’arrosage, aux toilettes, au nettoyage et au lave-linge, mais pas à la consommation.
- Le réseau d’eau de pluie doit être strictement séparé de l’eau potable, ce que vérifie le CertIBEau.
- Les postes les plus rentables sont les chasses de toilettes et le lave-linge.
- Un entretien régulier des filtres, gouttières et pompe garantit une eau de qualité.








